<%@LANGUAGE="JAVASCRIPT" CODEPAGE="1252"%> Pauline Year

ANNEE PAULINIENNE

Catéchèses, dédié L'Apôtre Paul

JEU INTERACTI F 

The Persecutions of St. Paul

 Introduction aux Lettres de Saint-Paul

L'intégralité des lettres de Saint Paul

In the Footsteps of St. Paul

 

"Let us turn to Saint Paul to “learn the faith, learn Christ," “Witnesses to the faith to follow the example of the Apostle Paul,”

Oratorio of San Paolo Mons. Marco Frisina listen..

 

CONNAITRE SAINT PAUL

 

L’APÔTRE DES GENTILS

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Celui que l’on appelle l’« Apôtre des Gentils », c’est-à-dire des Nations, n’a pas connu Jésus vivant à Jérusalem ou sur les routes de Galilée, comme les Douze Apôtres. Il est le premier à avoir la seule expérience du Ressuscité, comme tous les chrétiens l’auront. Ce Juif né à Tarse (actuelle Turquie orientale), ayant reçu un enseignement rigoureux de la Loi auprès de rabbi Gamaliel l’Ancien, et qui est aussi citoyen romain, reçoit pour mission expresse d’aller prêcher la Parole de Dieu à tous les hommes : c’est Antioche et l’Asie mineure, puis la Grèce, et Rome. Avec Paul, en quelques années et de façon ardente, « la Parole sort de Jérusalem, et la loi, de Sion », comme le prophétisait le prophète Michée (4,2). Elle « sort », au double sens du terme. Paul va témoigner de l’enseignement de ses Pères et de ce qu’il a expérimenté : le Christ est Ressuscité !

L´incontro di Pietro e Paolo

Paul est le personnage le mieux connu de la première génération chrétienne, à la fois par les Lettres qu’il a écrites lui-même et par le récit de sa vie que Luc nous donne dans les Actes des Apôtres. Ses sept Lettres authentiques sont pour nous une source exceptionnelle. Il demeure aussi mystérieux. D’une part, ces lettres couvrent une quinzaine d’années de sa vie seulement. D’autre part, les Actes qui relatent son parcours sont écrits vingt ans après sa mort, avec la coloration apologétique de l’époque. On pourra ainsi privilégier les données des lettres de Paul, et sa chronologie qui coïncide davantage avec la durée de ses déplacements (par exemple la date du « Concile de Jérusalem »).

On peut retenir que Paul a une dizaine d’années de moins que Jésus.

 

 

LA CONVERSION AU CHRIST

1. LE JUIF SAUL ÉTUDIE LA LOI À JÉRUSALEM

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Paul naît peu avant l’an 10 de notre ère, dans une famille juive de Tarse, en Cilicie (Turquie orientale actuelle). Il reçoit le nom biblique de Saul et le nom romain de Paul (son père qui a acquis la citoyenneté romaine veut-il manifester quelque gratitude inconnue à la gens des Pauli ?). Il reçoit son éducation à Jérusalem.

« C’est aux pieds de Gamaliel l’Ancien que j’ai été formé à l’exacte observance de la Loi de nos Pères, rempli du zèle de Dieu ». D’après les Actes, il est « Pharisien, fils de Pharisiens » (Ac 23,6), et « circoncis le huitième jour » (Ph 3,5-6).

2. LE PERSÉCUTEUR

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Au martyre d’Étienne, « les témoins déposèrent leur manteau auprès d’un jeune, appelé Saul… Il était de ceux qui approuvaient ce meurtre et déclenchèrent une violente persécution contre l’Église ».

Saul, zélé à défendre « les traditions des Pères » (Ga 1,14) aurait pu même faire partie des Zélotes (Ac 22,3), ce qui expliquerait l’envoi à Damas, à la poursuite des missionnaires hellénistes qui contestaient le Temple, tel Étienne, « pour les contraindre y compris par la torture » (Ac 25,6,9-11). Cela éclairerait aussi deux épisodes étranges : Paul s’agrège mal à l’Église de Jérusalem, et doit fuir devant des menaces d’assassinat (Ac 9,26-30); plus tard, quarante juifs font vœu de tuer Paul, alors prisonnier des Romains (Ac 23,12-22), et l’on sait que le parti zélote punissait ceux qui trahissaient leur serment.

3. LA CONVERSION / VOCATION

Les Actes rapportent la célèbre phrase entendue sur le chemin de Damas : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »

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Le récit que Paul donne lui-même de l’apparition du Ressuscité fait état d’un grand bouleversement intérieur, à la manière des vocations/conversions prophétiques de l’Ancien Testament, qui comportent aussi une mission : « Quand Celui qui, dès le sein maternel, m’a mis à part et appelé par sa grâce, daigna me révéler son Fils, pour que je l’annonce parmi les païens, aussitôt… » (Ga 1,15-17).

La « conversion » radicale de Saul n’est pas pour lui un changement de religion : il se sent plus juif que jamais, car c’est le « Dieu des Pères » qui l’envoie prêcher l’Evangile. L’évangélisateur des païens continuera à prêcher aux juifs quand cela sera possible, jusqu’à son ultime appel, à Rome. La conversion et le baptême de Paul signifient qu’il a découvert sa juste et vraie place dans la vie d’Israël.

On ignore la date de cet événement capital ; la lettre aux Galates pourrait indiquer les années 33-35, peu après la constitution de la première Église, à Jérusalem, assemblée autour de « Pierre, avec les Onze » (Ac 2,14).

 

LES DEBUTS DU MINISTERE

4. JÉRUSALEM : LA RENCONTRE AVEC PIERRE

« Trois ans après », Saul monte à Jérusalem faire la connaissance de Képhas (la « tête », en grec), – le nom qu’il donne toujours à Pierre – et « demeure auprès de lui quinze jours ». Sans doute, celui-ci lui enseigne-t-il la tradition orale relative à Jésus, que Paul n’a pas connu (cf. I Co 11,23-35), ainsi qu’une interprétation christologique des prophètes, selon l’enseignement du Maître au milieu de ses disciples.

La visite est discrète : le seul autre dirigeant de l’Église que Paul voit est « Jacques, le frère du Seigneur ». Paul s’est enrichi auprès de l’Église-mère, mais n’a pas réussi à s’y intégrer, probablement à cause de son passé de zélateur ou de zélote. Il échappe même à une tentative d’assassinat de la part des hellénistes, qu´il pourchassa quelques années plus tôt (Ac 9,29-30). On le fait partir à Tarse, où il reprend son métier de faiseur de tentes, tout en proclamant à la synagogue sa foi (Ac 18, 3). Ce sont des années de maturation personnelle.

5. ANTIOCHE : DÉBUT DE L’AVENTURE MISSIONNAIRE

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Au début des années 40, Barnabé est envoyé par l’Église de Jérusalem à Antioche de Syrie pour reprendre en mains cette Église fondée par les missionnaires hellénistes chassés de Jérusalem. Il va chercher à Tarse l’aide de Paul, qui en devient l’un des dirigeants et évangélise avec grand succès. C’est la première sortie du cadre synagogal, car Paul prêche aussi à des Grecs. Une communauté mixte se constitue. Et « c’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens ». L’ “invention” de ce titre de chrétiens est l’un des plus beaux fruits de la prédication de Saul dans cette ville.

L’Église d’Antioche va être désormais le centre de diffusion de l’Évangile, et vivre indépendante du Temple et de la vie en Judée.

Cette communauté antiochienne témoigne d’une solide formation et organisation. Ainsi, au cours d’une assemblée de prière, l’inspiration communautaire vient confirmer la vocation personnelle. La voix de l’Esprit Saint se fait entendre par l’un des prophètes reconnus : « Choisissez pour moi Barnabé et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés » ; alors, l’assemblée prie, jeûne, impose les mains aux deux hommes, et les envoie en mission.

Barnabé et Paul prennent la mer vers Chypre. C’est encore le Saint Esprit qui les envoie dans cette direction : ils annoncent l’Évangile dans les synagogues à l’Est de l’île, à Salamine, puis à l’Ouest, à Paphos. Luc désigne à partir d´ici Saul par son nom romain de Paul, soulignant ainsi qu’il est pleinement entré dans sa mission d’aller vers « les nations ».

6. FONDATION D’ÉGLISES EN ASIE MINEURE…

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Plongée en terre païenne, au-delà du Taurus, dans quatre villes stratégiques pour Rome, sur la Via Sebaste. Luc situe le premier grand discours missionnaire de Paul dans la synagogue d’Antioche de Pisidie, nouvelle colonie romaine ; devant le mauvais accueil d’une majorité des Juifs, Paul se tourne vers les païens. Paul et Barnabé se rendent alors à Iconium, Lystre et Derbé. Les deux apôtres consolident les jeunes communautés.

D’un côté, ils encouragent la vie commune entre croyants venus du judaïsme et nouveaux convertis issus du paganisme, s’attirant l’inimitié des chefs des synagogues où ils prêchent. De l’autre, ils désignent des « anciens », selon le modèle de l’Église de Jérusalem. Après cette mission, ils regagnent la grande ville d’Antioche de Syrie.

 

LE CONCILE DE JERUSALEM

 

7. LE CONCILE DE JÉRUSALEM

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Vers 48, se pose à Antioche la question de l’opportunité de la circoncision pour les non-juifs, lorsque des chrétiens arrivés de Judée dénoncent la « liberté acquise dans le Christ Jésus », que Paul et Barnabé invoquent pour ne pas imposer ce rite aux chrétiens venus du paganisme. La communauté décide alors de demander l’arbitrage des apôtres et des anciens de Jérusalem, et y envoie Paul et Barnabé, ainsi que leur compagnon grec, Tite, accompagnés par une délégation.

Apôtres et Anciens de Jérusalem acceptent Tite, « non circoncis », reconnaissant par là la validité de l’annonce de Paul concernant la liberté de la grâce. Ils désignent aussi les principaux responsables de l’Église et reconnaissent la vocation missionnaire de Pierre, pour les circoncis, et de Paul, pour les incirconcis. Ce discernement fonde une sorte de partage du champ missionnaire : les « colonnes » de l’Église – Jacques, Képhas et Jean – évangéliseront les Juifs, et Paul et Barnabé, les païens.

8. L’INCIDENT D’ANTIOCHE

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L’incident survenu lors de la visite de Pierre à Antioche témoigne de la rectitude de Paul, pour qui la vérité de l’Évangile ne souffre pas d’accommodation. De quoi s’agit-il ? Un chrétien juif circoncis ne pouvait alors s’asseoir à la table d’un chrétien païen sans encourir d’impureté. Or, dans le contexte d’Antioche, Pierre témoigne de la primauté en la foi au Christ qui rassemble tous les hommes et y contrevient… jusqu’à l’arrivée de chrétiens envoyés par Jacques qui préside à la communauté de Jérusalem ; il dissimule alors ses sentiments. Paul se dresse : « Je lui résistai en face, car il avait tort ».

Le compromis décidé à Jérusalem préservait l’existence des communautés mixtes, tout en refusant la pleine communion entre circoncis et incirconcis, telle que Paul l’avait prêchée dans les jeunes Églises d’Asie mineure. Paul rejette ce compromis avec indignation : le salut de Jésus-Christ est donc considéré comme secondaire ? Paul revendique la vie nouvelle dans la foi, le don de l’Esprit et l’antériorité de la promesse divine sur la loi… La rupture est brutale : avec Jacques et l’Église de Jérusalem, avec Pierre et Barnabé, hésitants, qui se rallient à Jacques, avec l’Église d’Antioche elle-même qui entérine ce compromis (Ac 15,40). Seul, Silas le suivra. Après ce long noviciat de 15 ans, une nouvelle période s’ouve pour Paul.
 
 

VERS LA GRECE

9. LYDIE ET L’ÉGLISE DE PHILIPPES

Troade (Troie), Paul entend dans une vision l’appel d’un Macédonien : « Passe en Macédoine et viens à notre secours ! ». Aussitôt, il fait voile vers la Grèce, et s’arrête à Philippes, cité commerciale et colonie romaine peuplée de vétérans et de paysans latins, où le judaïsme est influencé par l’hellénisme.

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La maison de Lydie, marchande de pourpre, qui se fait baptiser avec sa famille et héberge les missionnaires durant leur séjour, devient le centre d’une communauté qui se constitue rapidement, et sera l’une des plus fidèles à Paul, lui apportant affection et aide matérielle (II Co, 11,8). C’est avec elle qu’il voudra célébrer la Pâque, quelques années plus tard, avant son départ définitif de la région de la mer Egée.

Paul est bientôt accusé de prosélytisme par les autorités locales. L’opinion ne distingue pas, alors, le christianisme du judaïsme qui bénéficiait d’un statut privilégié, moyennant de la discrétion. Il est donc mis en prison pour la première fois, avec Silas. À minuit, alors qu’ils prient et chantent, un tremblement de terre libère les prisonniers ; voyant les portes ouvertes, le centurion tente de se tuer. « Nous sommes tous ici » lui crie Paul. Le centurion se fait baptiser avec sa maison. Paul revendique sa citoyenneté romaine pour être libéré non pas en secret, mais « en pompe », avant de regagner la maison de Lydie.

Paul, conscient de l’ampleur de la nouvelle tâche que Dieu lui confie auprès des païens, cherche à gagner Rome pour en faire le centre d’évangélisation des non-Juifs, afin d’équilibrer Jérusalem, centre de la mission auprès des Juifs. Or, la Macédoine est à mi- chemin entre son nouveau point de base, l’Anatolie du sud et Rome, par la Via Egnatia. Son projet aboutira dix ans plus tard : cf. sa magistrale Lettre aux Romains.

10. THESSALONIQUE : LIEU DE CULTE FAMILIAL

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Opposition des juifs, cette fois, quand Paul se rend à la synagogue, à son habitude, et « durant trois shabbat, explique sur la base des Écritures que le Christ devait mourir et ressusciter ». L’accusation de fomenter une agitation contre la loi impériale pousse les frères à organiser son départ vers Bérée. Mais, poursuivi par les juifs de Thessalonique, c’est de nouveau la fuite, par mer, jusqu’à Athènes, où le rejoindront Silas et Timothée. Peu après, la communauté de Thessalonique recevra les deux premières lettres de Paul ; l’on y lit la ferveur et les inquiétudes d’une jeune Église.

A Thessalonique, chez Jason, comme à Philippes, chez Lydie, le lieu de culte et de réunion est la maison, c’est-à-dire la famille, avec son environnement : les relations sociales et de travail.

11. ATHÈNES : LES IDOLES

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Dans la capitale de l’hellénisme, où l’on vient étudier de tout l’Empire romain, Paul rencontre la culture grecque, « frémissant de voir la ville pleine d’idoles ». Il prêche tant à la synagogue que sur la place publique – jusqu’à l’Aréopage – suscitant la curiosité d’intellectuels, « épicuriens ou stoïciens », mais peu d’adhésion à la foi chrétienne. « J’ai même trouvé une inscription : Au Dieu inconnu. Celui que vous adorez sans le connaître, je vous l’annonce ». (Paul ne mentionne pas cet épisode. Ce type de discours évoque plutôt la prédication des missionnaires dans les Églises hellénistiques de la fin du 1er siècle, devant des païens marquées par les stoïciens. L’absence de toute mention de la croix et du salut fait douter que Paul ait pu le prononcer).
 

LES PREMIERES STRUCTURES DE L'EGLISE 

12. CORINTHE

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Dans cette ville cosmopolite où le culte d’Aphrodite est florissant, Paul rencontre Priscille et Aquila, un ménage juif chassé de Rome en 49 par l’édit d’expulsion de l’empereur Claude, car « les Juifs se soulevaient continuellement à l’instigation d’un certain Chrestos » (Suétone, Claude, 25,11). On les retrouvera à Rome, après la mort de Claude, en 54, pour accueillir l’apôtre prisonnier. Entre-temps, ils l’auront accompagné à Ephèse, y prenant en charge l’Église et évangélisant.

Paul, qui souhaite « travailler », à la façon des rabbins, de façon à assurer la gratuité de son service apostolique s’associe au ménage, fabricant de tentes, comme lui. Le shabbat, à la synagogue, il essaye sans relâche de démontrer aux docteurs de la loi la messianité de Jésus ; le chef de la synagogue Crispus se fait baptiser avec les siens. L’Église de Corinthe qui accueille aussi les païens se développe très vite. Elle devient sa base, puisque Rome lui est interdite par le décret d’expulsion de Claude. Paul y reste 18 mois.

Une question se pose de plus en plus : les autorités synagogales, qui bénéficient de privilèges, ne souhaitent pas que les chrétiens soient encore confondus avec une secte juive dissidente, alors qu’en fait, ils ne dépendent plus du tout d’elles. Elles finissent par accuser Paul de propagande religieuse illicite devant le proconsul Gallion (frère du philosophe Sénèque). Ayant entendu l’accusation, celui-ci refuse d’écouter la défense, se déclarant incompétent, car Paul est juif et, à ses yeux, cette querelle est interne à la synagogue (18,12-16). Paul s’embarque alors pour Antioche et Ephèse avec Priscille et Aquila qui seront dans cette ville le noyau de la future communauté.

(C’est au terme de ce deuxième voyage, en 52, que plusieurs historiens situent “Concile de Jérusalem” et l’incident d’Antioche.)

13. ÉPHÈSE : PRISCILLE ET AQUILA DIRIGENT L’ÉGLISE

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Troisième lieu de diffusion de la Parole, dans les Actes. Paul séjourne dans ce grand centre d’échanges culturels, religieux et commerciaux entre l’Orient et l’Occident plus de deux ans, et y fonde une Église. La confrontation avec le judaïsme cède ici le pas à la rencontre d’autres courants religieux : Artémis est la grande déesse d’Ephèse. Priscille et Aquila dirigent la communauté et enseignent avec zèle. Ainsi, ils exposent « plus exactement la Voie » à Apollos, qui aura comme catéchiste un grand succès à Ephèse et Corinthe.

14. MILET : LES STRUCTURES ECCLÉSIALES

Sur la route de retour à Jérusalem, Paul, « enchaîné par l’Esprit », fait appeler les Anciens de l’Église d’Éphèse. Il leur prédit sa fin prochaine et précise son œuvre : « Va, c’est au loin, vers les païens, que je veux t’envoyer » (22,21). Il les exhorte à la vigilance, au travail, au secours des pauvres et des faibles : « Il y a plus de joie à donner qu’à recevoir ». Enfin, il leur lègue en testament la « construction de l’édifice », ou plutôt, il la confie au pouvoir de la Parole, « qui a le pouvoir de bâtir » : l´activité de la Parole est première, c´est elle qui construit l´Église.

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La scène s’achève dans l’émotion : l’assemblée s’agenouille et prie, Paul est embrassé ; tous s’en remettent à Dieu et à sa Parole vive. Cet épisode est important pour l’histoire institutionnelle de l’Église : ces anciens ou presbyteroi que Paul a convoqués, et qu’il qualifie de pasteurs et d’évêques, chargés de nourrir et guider spirituellement, veillant sur (c´est le sens du mot évêque) le peuple de Dieu, ne reçoivent pas leurs pouvoirs de l’assemblée des fidèles, mais de l’Esprit.
Au cours de son ministère « indépendant » et face à des situations inédites, Paul devait ainsi innover sur le plan doctrinal pour justifier ses appels aux croyants à se regrouper en communautés unies. De fait, l’Apôtre a réussi partout où il passait à créer des Églises assez soudées pour subsister et se développer hors des structures synagogales.

A JERUSALEM 

15. JÉRUSALEM : UN CHEF D’ÉGLISES

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Paul retourne pour la troisième fois à Jérusalem rendre compte aux Anciens de sa mission parmi les païens. Il est à la tête d’une délégation de personnes représentant les Églises fondées par lui, pagano-chrétiens en général, mais aussi disciples juifs, tel Timothée. Il est devenu le chef incontesté (I Co 12-14) d’un groupe de communautés locales qui ont rompu, de fait, avec les synagogues et mènent au sein de la société païenne une existence autonome. Il leur donne le nom d´Églises, selon la tradition deutéronomique, revendiquant pour chacune la dignité d’assemblée du peuple choisi par Dieu, réservée en premier à l’Église de Jérusalem. Paul exerce l’autorité d’un apôtre de Jésus-Christ (I Co 1-21 ; II Co 1,1 ; Ga 1,1), titre auquel il est très attaché.

Mais maintenant, dans la capitale du judaïsme et devant l’Église de Jérusalem que préside Jacques, où « des milliers de juifs sont venus à la foi », il lui est demandé de prouver son attachement aux Pères. Il avait écrit aux Corinthiens : « Je me suis fait tout à tous » (I Co 9,12). Il se rendra donc au Temple, se purifiera avec un groupe de naziréens, « et tous verront ainsi que tu observes bien la Loi ». C’est là qu’il va être arrêté.

16. ARRESTATION AU TEMPLE DE JÉRUSALEM

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Tout est prêt pour l’explosion : la crainte qu’ont soulevé pour les synagogues les prédications de Paul et le développement de ce christianisme menaçant les structures et les lois. Quelque incident éclate lors de la venue de Paul au Temple, le septième et dernier jour de la purification : peut-être s’est-il fait accompagner d’un Grec non- juif, profanant ainsi le sanctuaire ? Des juifs d´Asie mineure le reconnaissent et ameutent la foule ; on l’expulse du Temple.

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Grâce à l’arrivée du tribun et d´une cohorte de soldats, Paul échappe à la mort, et veut encore parler. « Debout sur les gradins… dans un grand silence, il adresse à la foule la parole en hébreu » : il explique sa fidélité de juif formé à l’école de Gamaliel, et la rencontre bouleversante sur la route de Damas qui domine et inspire sa vie. Puis, devant ces juifs de Jérusalem, il ajoute : « C’est pendant que je priais dans le Temple que je fus ravi en extase et que je Le vis qui me disait : “Quitte vite Jérusalem, car ils n’accepteront pas ton témoignage à mon sujet”…», et encore : « Je t’enverrai loin, parmi les païens ». Ces derniers mots provoquent un nouveau déchaînement de la foule : il signifie, en effet, qu’est ouverte à tous l’Alliance contractée par Dieu avec les fils d’Israël.

LE TEMPS DE LA PRISON ET DES PROCÈS : JÉRUSALEM, CÉSARÉE, ROME


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  • Paul est conduit à la forteresse de Jérusalem, mais échappe à la flagellation car il est citoyen romain : Premier procès devant le Sanhédrin ;
  • À la suite d’un complot de zélateurs juifs visant à le tuer, il est transféré à Césarée : Deuxième procès devant le procurateur Félix (années 57-59) ;
  • Troisième procès devant son successeur Festus, deux ans après ;
  • Quatrième procès devant Agrippa II : « Cet homme n’a rien fait qui mérite la mort ou les chaînes… Il aurait pu être remis en liberté, s’il n’en avait appelé à César ».

 

 

LES VOYAGES MISSIONNAIRES

 

Après sa “conversion”, sur la route de Damas, Paul sillonne une partie de l’Asie mineure (Turquie actuelle), de la Syrie et de l’Arabie (actuelle Jordanie), jusqu’à Jérusalem, avant de passer en Europe, en Grèce, puis à Rome. On peut raisonnablement dater ses voyages dans un intervalle de quelques années autour de l´année 50.

Premier voyage

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D’Antioche à Chypre et au sud de l’Anatolie (Pergé, Antioche de Pisidie, Iconium, Lystre, Derbé), Paul et Barnabé prêchent avec fougue la Bonne Nouvelle de la résurrection et du salut en Jésus, dans les synagogues, et fondent des communautés. Les Juifs se divisent alors, et Paul se tourne, aussi, vers les païens.

Deuxième voyage

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Le premier objectif de Paul, accompagné de Silas, est de rencontrer les communautés qu’il a créées en Anatolie du sud (à Lystre, il rencontre Timothée qui continue le voyage avec eux). Ils poursuivent vers le nord-ouest, jusqu’aux Dardanelles, à Troie, d’où ils passent en Grèce ; Paul fonde des Églises à Philippes, Thessalonique, Bérée, Athènes et Corinthe. Il retourne ensuite à Antioche, sa base, où l´on entend pour la première fois le nom de « chrétiens », en passant par Éphèse et Césarée.

Troisième voyage

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C´est un voyage de consolidation : Paul retourne voir les Églises créées en Anatolie et en Grèce, avec Timothée et Tite. Il réembarque vers Tyr, Césarée, et Jérusalem, où il est arrêté.
Voyage de la captivité
Le voyage du prisonnier à Rome n´est pas un voyage missionnaire, mais son activité d´évangélisateur ne cessera pas.
 
 

 

LE VOYAGE DE CAPTIVITÉ

 

17. AU CŒUR DE LA TEMPÊTE

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Voici le plus fabuleux récit du Nouveau Testament. De Césarée à Rome, « la navigation est dangereuse » « après la fête des Expiations » qui ouvre l’automne. De fait, le navire va dériver pendant quinze jours de la Crète à Malte, ne pouvant s’orienter « ni sur les étoiles, ni sur le soleil ».

Le prisonnier Paul s’avère plus libre que ses 276 coéquipiers, capitaine, pilote, centurion et matelots : il est habitué à la mer et a l’expérience de trois naufrages (2 Co 11,25) et, surtout, il a une assurance qui vient de Dieu : « Aucun de vous ne laissera le vie, le navire seul sera perdu », affirme-t-il à ses compagnons, quand tout semble perdu ; « Un ange du Dieu auquel j’appartiens et que je sers m’est apparu pour me dire : Sois sans crainte, Paul… Voici que Dieu t’accorde la vie de tous ceux qui naviguent avec toi ».

18. MALTE

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Tous atteignent l’île, qui à la nage, qui grâce à une table ou une planche. Cette halte simple et idyllique (« les indigènes nous traitèrent avec une rare humanité, autour d’un grand feu ») symbolise l’accueil que le monde païen fera à l’Évangile. Après le danger et le naufrage, l’escale merveilleuse de Malte a, pour Luc, le goût de l’aube d’une résurrection. Une vipère mord la main de Paul alors qu’il alimente le feu, il la jette dans le brasier sans aucun mal… et les gens le tiennent pour un dieu.

Paul guérit encore le père de son hôte en lui imposant les mains, ainsi que la foule de malades qui accourent. Finalement, « on le comble d’honneurs et, au moment du départ, on lui fournit tout le nécessaire ».

19. ROME

Puis, c’est Syracuse, Reggio et Pouzzolles. Paul a la joie d’y être accueilli par des frères - ils ont parcouru quelque 50 km à pied -, car l´apôtre n’est pas un inconnu : ils ont reçu de lui, trois ans auparavant sa grande Lettre aux Romains. À Rome, il trouve aussi une communauté de chrétiens, dont on ignore l’origine, et dont Luc écrit qu’elle est nombreuse, et célèbre pour sa foi et ses œuvres. Le christianisme a sans doute été apporté très tôt par des marchands juifs et est resté cantonné proche des synagogues. Depuis la mort de Claude, Rome comptait environ 50 000 juifs venus de régions très diverses, dispersés à travers la vaste agglomération, en plusieurs synagogues.

Paul arrive donc à Rome en 61 pour y être jugé. Après deux années de résidence surveillée, au cœur de la ville, près du Tibre (l’actuel quartier juif), qu’il emploie à évangéliser et à écrire, le procès s’éteint faute d’accusateurs. Mais, après l’incendie de 64, Néron, menacé, accuse Paul d’être une chef de la rébellion. Il est arrêté, enchaîné à la prison Mamertine et condamné à la décapitation, qui aura lieu hors de la muraille aurélienne, sur la via Ostiense, entre 65 et 67, plus probablement.

10. LE MARTYRE À ROME

20. L’OUVERTURE DE L’ALLIANCE À TOUS

San Paolo e San Pietro

Le premier geste de Paul dans la capitale de l’Empire, et ses dernières paroles, consignées dans les Actes, ont été de lancer - encore une fois - un appel aux Juifs. Comme il l’avait écrit aux Romains : « l’Évangile est une force pour tout homme qui croit, du Juif d’abord, puis du Grec » (Rm 1, 16). Aussi, au terme de sa mission, celui que le Seigneur a fait apôtre des Nations ne veut oublier aucun « plus petit de mes frères » (Mt 25, 40). « C’est à cause de l’espérance d’Israël que je porte les chaînes que voici ». Il lance un dernier et vibrant appel à la “conversion” de son peuple, au bouleversement qu’il a connu. Dans le Christ, l’Alliance de Dieu est désormais ouverte à tous.

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Le mot de la fin n’est pas la mort de Paul, car il s’agit au contraire de l´essor du christianisme et de la Bonne Nouvelle que porta haut et large le grand témoin du Ressuscité, devenu à son image « Lumière des nations » (cit. Is 49,6 in Ac 13, 47).
 
 

 

 

ANNEE PAULINIENNE

 

PRÉSENTATION

  INDICTION 


  CATÉCHÈSES DU SAINT-PÈRE
Basilica di San Paolo

PRÉSENTATION 


 

 

L´ANNEE PAULINIENNE ?

UN ÉVÈNEMENT

La Tombe de l´Apôtre et
le bimillénaire de sa naissance

 

UNE INVITATION DU PAPE BENOIT XVI°

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"... et c´est précisément pour cette raison
que je suis heureux d´annoncer officiellement
que nous consacrerons à l´Apôtre Paul
une année jubilaire spéciale,

 du 28 juin 2008  au  29 juin 2009

à l´occasion du bimillénaire de sa naissance!"

 

UNE ANNEE JUBILAIRE

  • Des rencontres, et en particulier une retraite sacerdotale sur Saint-Paul.
  • Une redécouvertes de l’Apôtre des Gentils et de ses Lettres.
  • Des pèlerinages de toutes sortes sur les pas de Saint-Paul.
  • Une rencontre et un échange avec les autres communautés chrétiennes.
  • Une liturgie spéciale à la Basilique devant la Tombe de l’Apôtre et ses chaînes.
  • Un site internet, un Manuel du pèlerin, documents pour aider à la préparation du votre jubilé 

 

INDICTION

LE PAPE BENOIT XVI° A LA BASILIQUE SAINT-PAUL HORS LES MURS

«En ces Premières Vêpres de la Solennité des Saints Pierre et Paul nous faisons heureuse mémoire des deux Apôtres, dont le sang, ainsi que celui de nombreux autres témoins de l’Évangile, a rendu féconde l’Église de Rome ». C’est par ces paroles que le Saint-Père Benoît XVI a commencé son homélie pendant la célébration des Premières Vêpres dans la Basilique Ostiense de Saint Paul Hors les Murs, le 28 juin. La délégation du Patriarcat œcuménique de Constantinople assistait au rite, ainsi que les représentants de Bartholomé Ier, auxquels le pape a adressé un salut particulier. 

« La tradition chrétienne, a dit le Saint-Père, a considéré Pierre et Paul comme inséparables l’un de l’autre, même si chacun a eu une mission différente à accomplir. A Rome le lien qui unit Pierre et Paul dans leur mission, a pris depuis les premiers siècles une signification très spécifique. Comme le mythique couple de frère Romulus et Remus, auxquels on faisait remonter la naissance de Rome, de même Pierre et Paul furent considérés comme les fondateurs de l’Église de Rome. Bien qu’humainement différents l’un de l’autre, et que les rapports entre eux n’aient pas été exempts de tensions, Pierre et Paul apparaissent comme les initiateurs d’une nouvelle cité, comme la concrétisation d’une façon nouvelle et authentique d’être frères, rendue possible par l’Évangile de Jésus-Christ ». 

S’arrêtant en particulier sur la figure de l’Apôtre Paul, le pape a rappelé que lui-même se présente comme « serviteur du Christ Jésus, apôtre par vocation » (Rm 1,1). Serviteur indique une relation d’appartenance totale et inconditionnée à Jésus, le Seigneur, choisi et appelé pour une mission importante et spécifique. Il est ensuite apôtre non par auto-candidature ni par charge humaine, mais seulement par appel et élection divine. De ses Lettres en outre, nous apprenons qu’il n’était pas un orateur habile, « le succès de son apostolat - a souligné Benoît XVI - dépend surtout d’une implication personnelle dans l’annonce de l’Évangile avec un dévouement total au Christ ; dévouement qui n’a pas craint les risques, les difficultés, les persécutions. De cela nous pouvons tirer une leçon plus que jamais importante pour chaque chrétien. L’action de l’Église est crédible et efficace seulement dans la mesure où ceux qui en font partie sont disposés à payer de leur personne leur fidélité au Christ, dans chaque situation. Comme aux débuts, aujourd’hui encore le Christ a besoin d’apôtres prêts à se sacrifier eux-mêmes. Il a besoin de témoins et de martyrs comme Saint Paul : d’abord violent persécuteur des chrétiens, quand sur le chemin de Damas il tomba à terre ébloui par la lumière divine, il passa sans hésitation du côté du Crucifix et le suivit sans revirements. Il vécut et travailla pour le Christ, pour Lui il souffrit et mourut. Quel exemple pour aujourd’hui ! ».

 

 LES CATÉCHÈSES DU SAINT PÈRE

1. Paul de Tarse

(AUDIENCE GÉNÉRALE Mercredi25 octobre 2006)
 

Chers frères et soeurs,
Nous avons achevé nos réflexions sur les douze Apôtres directement appelés par Jésus au cours de sa vie terrestre. Aujourd'hui, nous commençons à aborder les figures d'autres personnages importants de l'Eglise primitive. Eux aussi ont donné leur vie pour le Seigneur, pour l'Evangile et pour l'Eglise. Il s'agit d'hommes et également de femmes, qui, comme l'écrit Luc dans le Livre des Actes "ont consacré leur vie à la cause de notre Seigneur Jésus Christ" (15, 26).


Le premier d'entre eux, appelé par le Seigneur lui-même, par le Ressuscité, à être lui aussi un véritable Apôtre, est sans aucun doute Paul de Tarse. Il brille comme une étoile de première grandeur dans l'histoire de l'Eglise, et non seulement celle des origines. Saint Jean Chrysostome l'exalte comme un personnage étant même supérieur à de nombreux anges et archanges (cf. Panégyrique, 7, 3). Dante Alighieri, dans la Divine Comédie, s'inspirant du récit de Luc dans les Actes (cf. 9, 15), le définit simplement comme un "vase d'élection" (Enfer 2, 28), ce qui signifie: instrument choisi de Dieu. D'autres l'ont appelé le "treizième Apôtre" - et il insiste réellement beaucoup sur le fait d'être un véritable Apôtre, ayant été appelé par le Ressuscité -, voire "le premier après l'Unique". Certes, après Jésus, il est le personnage des origines sur lequel nous possédons le plus d'informations. En effet, nous possédons non seulement le récit qu'en fait Luc dans les Actes des Apôtres, mais également un groupe de Lettres qui proviennent directement de sa main et qui, sans intermédiaires, nous en révèlent la personnalité et la pensée. Luc nous informe que son nom originel était Saul (cf. Ac 7, 58; 8, 1 etc.), ou plutôt en hébreu Saoul (cf. Ac 9, 14.17; 22, 7.13; 26, 14), comme le roi Saül (cf. Ac 13, 21), et qu'il était un juif de la diaspora, la ville de Tarse étant située entre l'Anatolie et la Syrie. Il s'était rendu très tôt à Jérusalem pour étudier en profondeur la Loi de Moïse aux pieds du grand Rabbi Gamaliel (cf. Ac 22, 3). Il avait également appris un métier manuel et rude, la fabrication de tentes (cf. Ac 18, 3), qui devait ensuite lui permettre de pourvoir personnellement à son entretien sans peser sur les Eglises (cf. Ac 20, 34; 1 Co 4, 12; 2 Co 12, 13-14).
Rencontrer la communauté de ceux qui se professaient les disciples du Christ fut un événement décisif pour lui. C'est par eux qu'il avait connu une foi nouvelle - un nouveau "chemin" comme l'on disait alors - , qui ne plaçait pas tant la Loi de Dieu en son centre, que plutôt la personne de Jésus, crucifié et ressuscité, auquel était désormais liée la rémission des péchés. En juif zélé, il considérait ce message comme inacceptable, et même scandaleux, et il se sentit donc en devoir de poursuivre les disciples du Christ, même en dehors de Jérusalem. Ce fut précisément sur le chemin de Damas, au début des années 30, que Saul, selon ses paroles, fut "ravi par le Christ" (Ph 3, 12). Alors que Luc raconte le fait avec une abondance de détails - comment la lumière du Ressuscité l'a touché et a profondément changé toute sa vie -, dans ses lettres Paul va droit à l'essentiel et parle non seulement de vision (cf. 1 Co 9, 1), mais d'illumination (cf. 2 Co 4, 6) et surtout de révélation et de vocation dans la rencontre avec le Ressuscité (cf. Ga 1, 15-16). En effet, il se définira explicitement "apôtre par vocation" (cf. Rm 1, 1; 1 Co 1, 1) ou "apôtre par la volonté de Dieu" (2 Co 1, 1; Ep 1, 1; Col 1, 1), comme pour souligner que sa conversion n'était pas le
résultat d'un développement de pensées, de réflexions, mais le fruit d'une intervention divine, d'une grâce divine imprévisible. Dès lors, tout ce qui auparavant constituait pour lui une valeur devint paradoxalement, selon ses termes, une perte et des balayures (cf. Ph 3, 7-10). Et, à partir de ce moment-là, toutes ses énergies furent placées au service exclusif de Jésus Christ et de son Evangile. Son existence sera désormais celle d'un Apôtre souhaitant "se faire tout à tous" (1 Co 9, 22) sans réserves.
Une leçon très importante en découle pour nous: ce qui compte c'est de placer Jésus Christ au centre de sa propre vie, de manière à ce que notre identité soit essentiellement marquée par la rencontre, la communion avec le Christ et sa Parole. A sa lumière, toute autre valeur est rétablie et, en même temps, purifiée de résidus éventuels. Une autre leçon fondamentale offerte par Paul est le souffle universel qui caractérise son apostolat. Ressentant de manière aiguë le problème de l'accès des Gentils, c'est-à-dire des païens, à Dieu, qui en Jésus Christ crucifié et ressuscité offre le salut à tous les hommes sans exception, il se consacra à faire connaître cet Evangile, littéralement "bonne nouvelle", c'est-à-dire annonce de grâce destinée à réconcilier l'homme avec Dieu, avec lui-même et avec les autres. Dès le premier moment, il avait compris qu'il s'agissait d'une réalité qui ne concernait pas seulement les juifs ou un certain groupe d'hommes, mais qui avait une valeur universelle et concernait chacun, car Dieu est le Dieu de tous. Le point de départ de ses voyages fut l'Eglise d'Antioche de Syrie, où pour la première fois l'Evangile fut annoncé aux Grecs et où fut également forgé le nom de "chrétiens" (cf. Ac 11, 20.26), c'est-à-dire de croyants en Christ. De là, il se dirigea tout d'abord vers Chypre et ensuite, à plusieurs reprises, vers les régions de l'Asie mineure (Pisidie, Lycaonie, Galatie), puis vers celles d'Europe (Macédoine, Grèce). Les plus importantes furent les villes d'Ephèse, de Philippe, de Thessalonique, de Corinthe, sans toutefois oublier Beréa, Athènes et Milet.
Dans l'apostolat de Paul, les difficultés ne manquèrent pas, qu'il affronta avec courage par amour du Christ. Il rappelle lui-même avoir connu "la fatigue... la prison... les coups... le danger de mort...: trois fois j'ai subi la bastonnade; une fois, j'ai été lapidé; trois fois, j'ai fait naufrage...; souvent à pied sur les routes, avec les dangers des fleuves, les dangers des bandits, les dangers venant des juifs, les dangers venant des païens, les dangers de la ville, les dangers du désert, les dangers de la mer, les dangers des faux frères. J'ai connu la fatigue et la peine, souvent les nuits sans sommeil, la faim et la soif, les journées sans manger, le froid et le manque de vêtements, sans compter tout le reste: ma préoccupation quotidienne, le souci de toutes les Eglises" (2 Co 11, 23-28). Dans un passage de la Lettre aux Romains (cf. 15, 24.28) transparaît son intention de pousser jusqu'à l'Espagne, à l'extrémité de l'Occident, pour annoncer partout l'Evangile, jusqu'aux extrémités de la terre connue jusque là. Comment ne pas admirer un tel homme? Comment ne pas rendre grâce au Seigneur de nous avoir donné un Apôtre de cette envergure? Il est clair qu'il ne lui aurait pas été possible d'affronter des situations si difficiles et parfois désespérées, s'il n'y avait pas eu une raison de valeur absolue, face à laquelle aucune limite ne pouvait être considérée comme infranchissable. Pour Paul, cette raison, nous le savons, est Jésus Christ, dont il écrit: "En effet l'amour du Christ nous saisit... afin que les vivants n'aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes, mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux" (2 Co 5, 14-15) pour nous, pour tous.
De fait, l'Apôtre rendra le témoignage suprême du sang sous l'empereur Néron ici à Rome, où nous conservons et vénérons sa dépouille mortelle. Clément Romain, mon prédécesseur sur ce Siège apostolique au cours des dernières années du I siècle, écrivit ainsi à son propos: "En raison de la jalousie et de la discorde, Paul fut obligé de nous montrer comment on obtient le prix de la patience... Après avoir prêché la justice au monde entier, et après être parvenu jusqu'aux frontières extrêmes de l'Occident, il subit le martyre devant
les gouvernants; c'est ainsi qu'il partit de ce monde et rejoignit le lieu saint, devenu par cela le plus grand modèle de persévérance" (Aux Corinthiens, 5). Que le Seigneur nous aide à mettre en pratique l'exhortation que nous a laissée l'Apôtre dans ses Lettres: "Prenez-moi pour modèle; mon modèle à moi, c'est le Christ" (1 Co 11, 1).
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2. Paul - La centralité de Jésus-Christ

(AUDIENCE GÉNÉRALE, Mercredi 15 novembre 2006)
Mother Teresa and John Paul II and Fr. Brian, M.C. La présence de l'Esprit dans nos coeurs dans les Lettres de saint Paul
Chers frères et soeurs,
Aujourd'hui aussi, comme déjà dans les deux catéchèses précédentes, nous revenons à saint Paul et à sa pensée. Nous nous trouvons devant un géant non seulement du point de vue de l'apostolat concret, mais également de celui de la doctrine théologique, extraordinairement profonde et stimulante. Après avoir médité la dernière fois sur ce que Paul a écrit à propos de la place centrale que Jésus Christ occupe dans notre vie de foi, nous examinons aujourd'hui ce qu'il dit sur l'Esprit Saint et sur sa présence en nous, car ici aussi, l'Apôtre a quelque chose d'une grande importance à nous enseigner.
Nous connaissons ce que saint Luc nous dit de l'Esprit Saint dans les Actes des Apôtres, en décrivant l'événement de la Pentecôte. L'Esprit de Pentecôte apporte avec lui une impulsion vigoureuse à assumer l'engagement de la mission pour témoigner de l'Evangile sur les routes du monde. De fait, le Livre des Actes rapporte toute une série de missions accomplies par les Apôtres, tout d'abord en Samarie, puis sur la bande côtière de la Palestine, et enfin vers la Syrie. Ce sont surtout les trois grands voyages missionnaires accomplis par Paul qui sont rapportés, comme je l'ai déjà rappelé dans une précédente rencontre du mercredi. Cependant, dans ses Lettres, saint Paul nous parle de l'Esprit d'un autre point de vue également. Il n'illustre pas uniquement la dimension dynamique et active de la troisième Personne de la Très Sainte Trinité, mais il en analyse également la présence dans la vie du chrétien, dont l'identité en reste marquée. En d'autres termes, Paul réfléchit sur l'Esprit en exposant son influence non seulement sur l'agir du chrétien, mais également sur son être. En effet, c'est lui qui dit que l'Esprit de Dieu habite en nous (cf. Rm 8, 9; 1 Co 3, 16) et que "envoyé par Dieu, l'Esprit de son Fils est dans nos coeurs" (Ga 4, 6). Pour Paul donc, l'Esprit nous modèle jusque dans nos profondeurs personnelles les plus intimes. A ce propos, voilà quelques-unes de ses paroles d'une importance significative: "En me faisant passer sous sa loi, l'Esprit qui donne la vie dans le Christ Jésus m'a libéré, moi qui étais sous la loi du péché et de la mort... L'Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves, des gens qui ont encore peur; c'est un Esprit qui fait de vous des fils; poussés par cet Esprit, nous crions vers le Père en l'appelant: "Abba!"" (Rm 8, 2.15). On voit donc bien que le chrétien, avant même d'agir, possède déjà une intériorité riche et féconde, qui lui a été donnée dans le Sacrement du Baptême et de la Confirmation, une intériorité qui l'établit dans une relation de filiation objective et originale à l'égard de Dieu. Voilà notre grande dignité: celle de ne pas être seulement des images, mais des fils de Dieu. Et cela est une invitation à vivre notre filiation, à être toujours plus conscients que nous sommes des fils adoptifs dans la grande famille de Dieu. Il s'agit d'une invitation à transformer ce don objectif en une réalité subjective, déterminante pour notre penser, pour notre agir, pour notre être. Dieu nous considère comme ses fils, nous ayant élevés à une dignité semblable, bien que n'étant pas égale, à celle de Jésus lui-même, l'unique véritable Fils au sens plein. En lui nous est donnée, ou restituée, la condition filiale et la liberté confiante en relation au Père.
Nous découvrons ainsi que pour le chrétien, l'Esprit n'est plus seulement l'"Esprit de Dieu", comme on le dit normalement dans l'Ancien Testament et comme l'on continue à
répéter dans le langage chrétien (cf. Gn 41, 38; Ex 31, 3; 1 Co 2, 11.12; Ph 3, 3; etc.). Et ce n'est pas non plus un "Esprit Saint" au sens large, selon la façon de s'exprimer de l'Ancien Testament (cf. Is 63, 10.11; Ps 51, 13), et du Judaïsme lui-même dans ses écrits (Qumràn, rabbinisme). En effet, à la spécificité de la foi chrétienne appartient la confession d'un partage original de cet Esprit de la part du Seigneur ressuscité, qui est devenu Lui-même "l'être spirituel qui donne la vie" (1 Co 15, 45). C'est précisément pour cela que saint Paul parle directement de l'"Esprit du Christ" (Rm 8, 9), de l'"Esprit de Fils" (Ga 4, 6) ou de l'"Esprit de Jésus Christ" (Ph 1, 19). C'est comme s'il voulait dire que non seulement Dieu le Père est visible dans le Fils (cf. Jn 14, 9), mais que l'Esprit de Dieu s'exprime aussi dans la vie et dans l'action du Seigneur crucifié et ressuscité!
Paul nous enseigne également une autre chose importante: il dit qu'il n'existe pas de véritable prière sans la présence de l'Esprit en nous. Il écrit en effet: "Bien plus, l'Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier comme il faut. L'Esprit lui-même intervient pour nous par des cris inexprimables. Et Dieu, qui voit le fond des coeurs, connaît les intentions de l'Esprit: il sait qu'en intervenant pour les fidèles, l'Esprit veut ce que Dieu veut" (Rm 8, 26-27). C'est comme dire que l'Esprit Saint, c'est-à-dire l'Esprit du Père et du Fils, est désormais comme l'âme de notre âme, la partie la plus secrète de notre être, d'où s'élève incessamment vers Dieu un mouvement de prière, dont nous ne pouvons pas même préciser les termes. En effet, l'Esprit, toujours éveillé en nous, supplée à nos carences et il offre au Père notre adoration, avec nos aspirations les plus profondes. Cela demande naturellement un niveau de grande communion vitale avec l'Esprit. C'est une invitation à être toujours plus sensibles, plus attentifs à cette présence de l'Esprit en nous, à la transformer en prière, à ressentir cette présence et à apprendre ainsi à prier, à parler avec le Père en tant que fils dans l'Esprit Saint.
Il existe également un autre aspect typique de l'Esprit que nous enseigne saint Paul: il s'agit de son lien avec l'amour. En effet, l'Apôtre écrit: "Et l'espérance ne trompe pas, puisque l'amour de Dieu a été répandu dans nos coeurs par l'Esprit Saint qui nous a été donné" (Rm 5, 5). Dans ma Lettre encyclique "Deus caritas est", je citais une phrase très éloquente de saint Augustin: "Tu vois la Trinité quand tu vois la charité" (n. 19), et je poursuivais en expliquant: "En effet, l'Esprit est la puissance intérieure qui met leur coeur [des croyants] au diapason du coeur du Christ, et qui les pousse à aimer leurs frères comme Lui les a aimés" (ibid.). L'Esprit nous introduit dans le rythme même de la vie divine, qui est vie d'amour, en nous faisant personnellement participer aux relations qui existent entre le Père et le Fils. Il n'est pas sans signification que Paul, lorsqu'il énumère les divers fruits de l'Esprit, place l'amour à la première place: "Mais voici ce que produit l'Esprit: amour, joie, paix, etc." (Ga 5, 22). Et puisque, par définition, l'amour unit, cela signifie tout d'abord que l'Esprit est Créateur de communion au sein de la communauté chrétienne, comme nous le disons au début de la Messe selon une expression paulinienne: "Que la communion de l'Esprit Saint [c'est-à-dire celle qu'Il opère] soit avec vous tous" (2 Co 13, 13). D'autre part, cependant, il est également vrai que l'Esprit nous incite à nouer des relations de charité avec tous les hommes. C'est pourquoi, lorsque nous aimons, nous donnons de l'espace à l'Esprit, nous lui permettons de s'exprimer en plénitude. On comprend ainsi pourquoi Paul rapproche dans la même page de la Lettre aux Romains les deux exhortations: "Laissez jaillir l'Esprit" et "Ne rendez à personne le mal pour le mal" (Rm 12, 11.17).
Enfin, l'Esprit constitue selon saint Paul des arrhes généreuses qui nous ont été données par Dieu lui-même, comme avance et comme garantie de notre héritage futur (cf. 2 Co 1, 22; 5, 5; Ep 1, 13-14). Nous apprenons ainsi de Paul que l'action de l'Esprit oriente notre vie vers les grandes valeurs de l'amour, de la joie, de la communion et de l'espérance. C'est à
nous qu'il revient d'en faire chaque jour l'expérience, en suivant les suggestions intérieures de l'Esprit, aidés dans notre discernement par la direction éclairante de l'Apôtre.
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3. Paul - L´Esprit en nos coeurs

(AUDIENCE GÉNÉRALE, Mercredi 8 novembre 2006)
 
Le christocentrisme de Paul
Mother Teresa and John Paul II and Fr. Brian, M.C.Chers frères et soeurs,
Dans la catéchèse précédente, il y a quinze jours, je me suis efforcé de tracer les lignes essentielles de la biographie de l'Apôtre Paul. Nous avons vu de quelle manière la rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas a littéralement révolutionné sa vie. Le Christ devint sa raison d'être et la motivation profonde de tout son travail apostolique. Dans ses lettres, après le nom de Dieu, qui apparaît plus de cinq cents fois, le nom qui est le plus souvent mentionné est celui du Christ (trois cent quatre-vingt fois). Il est donc important que nous nous rendions compte à quel point Jésus Christ peut influencer la vie d'un homme et donc également notre vie elle-même. En réalité, Jésus Christ est le sommet de l'histoire salvifique et donc la véritable marque de distinction dans le dialogue avec les autres religions.
En considérant Paul, nous pourrions formuler ainsi l'interrogation de fond: comment se produit la rencontre d'un être humain avec le Christ? Et en quoi consiste la relation qui en découle? La réponse donnée par Paul peut être divisée en deux temps. En premier lieu, Paul nous aide à comprendre la valeur absolument fondatrice et irremplaçable de la foi. Voilà ce qu'il écrit dans la Lettre aux Romains: "En effet, nous estimons que l'homme devient juste par la foi, indépendamment des actes prescrits par la loi de Moïse" (3, 28). Et il écrit ainsi dans la Lettre aux Galates: "Cependant nous le savons bien, ce n'est pas en observant la Loi que l'homme devient juste devant Dieu, mais seulement par la foi en Jésus Christ; c'est pourquoi nous avons cru en Jésus Christ pour devenir des justes par la foi au Christ, mais non par la pratique de la loi de Moïse, car personne ne devient juste en pratiquant la Loi" (2, 16). "Etre justifiés" signifie être rendus justes, c'est-à-dire accueillis par la justice miséricordieuse de Dieu, et entrer en communion avec Lui, et en conséquence, pouvoir établir une relation beaucoup plus authentique avec tous nos frères: et cela sur la base d'un pardon total de nos péchés. Et bien, de manière tout à fait claire, Paul dit que cette condition de vie ne dépend pas des éventuelles bonnes oeuvres, mais d'une pure grâce de Dieu: "Lui qui leur donne [aux hommes] d'être des justes par sa seule grâce, en vertu de la rédemption accomplie dans le Christ Jésus" (Rm 3, 24).
A travers ces paroles, saint Paul exprime le contenu fondamental de sa conversion, la nouvelle direction de sa vie, qui résulte de sa rencontre avec le Christ Ressuscité. Paul, avant la conversion, n'avait pas été un homme éloigné de Dieu et de sa Loi. Au contraire, il était observant, d'une observance fidèle jusqu'au fanatisme. A la lumière de la rencontre avec le Christ, il comprit cependant qu'avec cela, il avait cherché à se construire lui-même, sa propre justice, et qu'avec toute cette justice, il avait vécu pour lui-même. Il comprit qu'une nouvelle orientation de sa vie était absolument nécessaire. Et nous trouvons cette nouvelle orientation exprimée dans ces paroles: "Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimé et qui s'est livré pour moi" (Ga 2, 20). Paul ne vit donc plus pour lui, pour sa propre justice. Il vit du Christ et avec le Christ: en se donnant lui-même, non plus en se cherchant et en se construisant lui-même. Telle est la nouvelle justice, la nouvelle orientation donnée par le Seigneur, donnée par la foi. Devant la croix du Christ, expression extrême de son don de soi, il n'y a personne qui
puisse s'enorgueillir lui-même, de sa propre justice faite par lui pour lui! Ailleurs, Paul, faisant écho à Jérémie, explicite cette pensée en écrivant: "Celui qui veut s'enorgueillir, qu'il mette son orgueil dans le Seigneur" (1 Co 1, 31 = Jr 9, 22sq); ou bien: "Mais pour moi, que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil. Par elle, le monde est à jamais crucifié pour moi, et moi pour le monde" (Ga 6, 14).
En réfléchissant sur ce que signifie la justification non par les oeuvres, mais par la foi, nous en sommes ainsi arrivés à la deuxième composante, qui définit l'identité chrétienne décrite par saint Paul dans sa propre vie. Identité chrétienne, qui se compose précisément de deux éléments: le fait de ne pas se chercher soi-même, mais se recevoir du Christ, et se donner avec le Christ, et ainsi participer personnellement à l'histoire du Christ lui-même, jusqu'à se plonger en Lui, et à partager aussi bien sa mort que sa vie. C'est ce que Paul écrit dans la Lettre aux Romains: "C'est dans sa mort que nous avons été baptisés... nous avons été mis au tombeau avec lui... nous sommes déjà en communion avec lui... De même vous aussi: pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ" (Rm 6, 3.4.5.11). C'est précisément cette dernière expression qui est plus que jamais symptomatique: en effet, pour Paul, il ne suffit pas de dire que les chrétiens sont des baptisés ou des croyants; pour lui, il est tout aussi important de dire qu'ils sont "en Jésus Christ" (cf. également Rm 8, 1.2.39; 12, 5; 16, 3.7.10; 1 Co 1, 2.3, etc.). Ailleurs, il inverse les termes et écrit que "le Christ est en nous/vous" (Rm 8, 10; 2 Co 13, 5) ou "en moi" (Gal 2, 20). Cette compénétration mutuelle entre le Christ et le chrétien, caractéristique de l'enseignement de Paul, complète son discours sur la foi. La foi, en effet, bien que nous unissant intimement au Christ, souligne la distinction entre nous et Lui. Mais, selon Paul, la vie du chrétien possède également une composante que nous pourrions appeler "mystique", dans la mesure où elle comporte une identification de notre personne avec le Christ et du Christ avec nous. Dans ce sens, l'Apôtre arrive même à dire que "nous avons largement part aux souffrances du Christ" (2 Co 1, 5), si bien que "partout et toujours, nous subissons dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus, elle aussi, soit manifestée dans notre corps" (2 Co 4, 10).
Nous devons appliquer tout cela à notre vie quotidienne en suivant l'exemple de Paul qui a toujours vécu avec ce grand souffle spirituel. D'une part, la foi doit nous maintenir dans une attitude d'humilité constante face à Dieu, et même d'admiration et de louange à son égard. En effet, ce que nous sommes en tant que chrétiens, nous le devons uniquement à Lui et à sa grâce. Etant donné que rien ni personne ne peut prendre sa place, il faut donc que nous ne rendions à rien d'autre ni à personne d'autre l'hommage que nous Lui rendons. Aucune idole ne doit contaminer notre univers spirituel, autrement, au lieu de jouir de la liberté acquise, nous retomberions dans une forme d'esclavage humiliant. D'autre part, notre appartenance radicale au Christ et le fait que "nous sommes en Lui" doit susciter en nous une attitude de confiance totale et de joie immense. En définitive, en effet, nous devons nous exclamer avec saint Paul: "Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous?" (Rm 8, 31). Et la réponse est que rien ni personne "ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur" (Rm 8, 39). Notre vie chrétienne repose donc sur le roc le plus stable et le plus sûr que l'on puisse imaginer. Et de celui-ci nous tirons toute notre énergie, comme l'écrit précisément l'Apôtre: "Je peux tout supporter avec celui qui me donne la force" (Ph 4, 13).
Affrontons donc notre existence, avec ses joies et ses peines, soutenus par ces grands sentiments que Paul nous offre. En vivant cette expérience, nous pourrons comprendre à quel point est vrai ce que l'Apôtre lui-même écrit: "Je sais en qui j'ai mis ma foi, et je suis sûr qu'il est assez puissant pour sauvegarder jusqu'au jour de sa venue l'Evangile dont je
suis le dépositaire", c'est à dire jusqu'au jour définitif (2 Tm 1, 12) de notre rencontre avec le Christ Juge, Sauveur du monde et notre Sauveur.
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4. Paul - La vie dans l´Eglise

(AUDIENCE GÉNÉRALE, Mercredi 22 novembre 2006)

La vie de l'Eglise dans les Lettres de saint Paul

Chers frères et soeurs,
Nous complétons aujourd'hui nos rencontres avec l'Apôtre Paul, en lui consacrant une dernière réflexion. Nous ne pouvons pas, en effet, le quitter, sans prendre en considération l'une des composantes décisives de son activité et l'un des thèmes les plus importants de sa pensée: la réalité de l'Eglise.

Mother Teresa and John Paul II and Fr. Brian, M.C. Nous devons tout d'abord constater que son premier contact avec la personne de Jésus eut lieu à travers le témoignage de la communauté chrétienne de Jérusalem. Ce fut un contact orageux. Ayant connu le nouveau groupe de chrétiens, il en devint immédiatement un féroce persécuteur. Il le reconnaît lui-même à trois reprises dans autant de Lettres: "J'ai persécuté l'Eglise de Dieu" écrit-il (1 Co 15, 9; Ga 1, 13; Ph 3, 6), présentant presque son comportement comme le pire des crimes.
L'histoire nous montre que l'on parvient normalement à Jésus à travers l'Eglise! Dans un certain sens, cela se produisit, disions-nous, également pour Paul, qui rencontra l'Eglise avant de rencontrer Jésus. Dans son cas, ce contact fut cependant négatif, il ne provoqua pas l'adhésion, mais une violente répulsion. Pour Paul, l'adhésion à l'Eglise fut due à l'intervention directe du Christ, qui, se révélant à lui sur le chemin de Damas, s'identifia à l'Eglise et lui fit comprendre que persécuter l'Eglise signifiait Le persécuter, Lui, le Seigneur (cf. Ac 9, 5). En effet, le Ressuscité dit à Paul, le persécuteur de l'Eglise: "Saoul, Saoul, pourquoi me persécutes-tu?" (Ac 9, 4). En persécutant l'Eglise, il persécutait le Christ.
Paul se convertit alors, dans le même temps, au Christ et à l'Eglise. On comprend donc pourquoi l'Eglise a été ensuite aussi présente dans les pensées, dans le coeur et dans l'activité de Paul. Elle le fut tout d'abord dans la mesure où il fonda littéralement de nombreuses Eglises dans les diverses villes où il se rendit en tant qu'évangélisateur. Lorsqu'il parle de sa "sollicitude pour toutes les Eglises" (2 Co 11, 28), il pense aux diverses communautés chrétiennes créées tour à tour en Galatie, en Ionie, en Macédoine et en Achaïe. Certaines de ses Eglises furent également source de préoccupations et de déceptions, comme ce fut le cas, par exemple, dans les Eglises de la Galatie, qu'il vit "passer à un autre Evangile" (Ga 1, 6), ce à quoi il s'opposa avec une vive détermination. Il se sentait pourtant lié aux communautés qu'il avait fondées d'une manière non pas froide et bureaucratique, mais intense et passionnée. Ain-si, par exemple, il définit les Philippiens comme "mes frères bien-aimés que je désire tant revoir, vous ma joie et ma récompense" (4, 1). D'autres fois, il compare les diverses Communautés à une lettre de recommandation unique en son genre: "C'est vous-mêmes qui êtes ce document écrit dans nos coeurs, et que tous les hommes peuvent lire et connaître" (2 Co 3, 2). D'autres fois encore, il démontre à leur égard un véritable sentiment non seulement de paternité, mais même de maternité, comme lorsqu'il s'adresse à ses destinataires en les interpellant comme "mes petits enfants, vous que j'enfante à nouveau dans la douleur jusqu'à ce que le Christ ait pris forme chez vous" (Ga 4, 19; cf. 1 Co 4, 14-15; 1 Th 2, 7-8).
Dans ses Lettres, Paul nous illustre également sa doctrine sur l'Eglise en tant que telle. Ainsi, on connaît bien sa définition originale de l'Eglise comme "corps du Christ", que nous ne trouvons pas chez d'autres auteurs chrétiens du I siècle (cf. 1 Co 12, 27; Ep 4, 12; 5, 30; Col 1, 24). Nous trouvons la racine la plus profonde de cette surprenante désignation de
l'Eglise dans le Sacrement du corps du Christ. Saint Paul dit: "Parce qu'il n'y a qu'un pain, à plusieurs nous ne sommes qu'un corps" (1 Co 10, 17). Dans l'Eucharistie elle-même, le Christ nous donne son Corps et nous fait devenir son Corps. C'est dans ce sens que saint Paul dit aux Galates: "Vous tous ne faites qu'un dans le Christ Jésus" (Ga 3, 28). A travers tout cela, Paul nous fait comprendre qu'il n'existe pas seulement une appartenance de l'Eglise au Christ, mais également une certaine forme d'égalisation et d'identification de l'Eglise avec le Christ lui-même. C'est donc de là que dérive la grandeur et la noblesse de l'Eglise, c'est-à-dire de nous tous qui en faisons partie: du fait que nous soyons des membres du Christ, presque une extension de sa présence personnelle dans le monde. Et de là découle, naturellement, notre devoir de vivre réellement en conformité avec le Christ. C'est de là que dérivent également les exhortations de Paul à propos des divers charismes qui animent et structurent la communauté chrétienne. On peut tous les reconduire à une source unique, qui est l'Esprit du Père et du Fils, sachant bien que dans l'Eglise il n'y a personne qui en soit dépourvu, car, comme l'écrit l'Apôtre, "chacun reçoit le don de manifester l'Esprit en vue du bien de tous" (1 Co 12, 7). Il est cependant important que tous les charismes coopèrent ensemble pour l'édification de la communauté et ne deviennent pas, en revanche, des motifs de déchirement. A ce propos, Paul se demande de manière rhétorique: "Le Christ est-il donc divisé?" (1 Co 1, 13). Il sait bien et nous enseigne qu'il est nécessaire de "garder l'unité dans l'Esprit par le lien de la paix. Comme votre vocation vous a appelés à une seule espérance, de même il n'y a qu'un seul Corps et un seul Esprit" (Ep 4, 3-4).
Bien évidemment, souligner l'exigence de l'unité ne signifie pas soutenir que l'on doit uniformiser ou niveler la vie ecclésiale selon une unique façon d'agir. Ailleurs, Paul enseigne: "n'éteignez pas l'Esprit" (1 Th 5, 19), c'est-à-dire laisser généreusement place au dynamisme imprévisible des manifestations charismatiques de l'Esprit, qui est une source d'énergie et de vitalité toujours nouvelle. Mais s'il existe un critère auquel Paul tient beaucoup, c'est l'édification mutuelle: "Que tout cela serve à la construction" (1 Co 14, 26). Tout doit concourir à construire de manière ordonnée le tissu ecclésial, non seulement sans interruption, mais également sans fuites, ni déchirures. On trouve ensuite une lettre paulinienne qui va jusqu'à présenter l'Eglise comme l'épouse du Christ (cf. Ep 5, 21-33). Cela reprend une antique métaphore prophétique, qui faisait du peuple d'Israël l'épouse du Dieu de l'alliance (cf. Os 2, 4.21; Is 54, 5-8): cela pour dire à quel point les relations entre le Christ et son Eglise sont intimes, que ce soit dans le sens où celle-ci est l'objet du plus tendre amour de la part de son Seigneur, que dans le sens où l'amour doit être réciproque et, donc, que nous aussi, en tant que membres de l'Eglise, nous devons faire preuve d'une fidélité passionnée à Son égard.
En définitive, c'est donc un rapport de communion qui est en jeu: celui pour ainsi dire vertical entre Jésus Christ et nous tous, mais également celui horizontal, entre tous ceux qui se distinguent dans le monde par le fait qu'ils "invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ" (1 Co 1, 2). Telle est notre définition: nous faisons partie de ceux qui invoquent le nom du Seigneur Jésus Christ. On comprend donc bien à quel point il est souhaitable que se réalise ce que Paul lui-même souhaitait en écrivant aux Corinthiens: "Si au contraire tous prophétisent, et qu'il arrive un incroyant ou un homme qui n'y connaît rien, il se sent dénoncé par tous, jugé par tous, ses pensées secrètes sont mises au grand jour: il tombera la face contre terre pour adorer Dieu, en proclamant: "C'est vrai que Dieu est parmi vous!"" (1 Co 14, 24-25). C'est ainsi que devraient être nos rencontres liturgiques. Un non-chrétien qui entre dans l'une de nos assemblées devrait pouvoir dire à la fin: "Dieu est véritablement avec vous". Prions le Seigneur d'être ainsi, en communion avec le Christ et en communion entre nous".
© Copyright 2006 - Libreria Editrice Vaticana

 

DOUZE RENCONTRES AVEC TOUTE L´EGLISE A LA SUITE DE SAINT PAUL


Conversión de San Pablo.

Pour découvrir et suivre Saint Paul durant cette année, nous vous proposons de vivre douze rencontres, de prendre cinq routes, et de parcourir un itinéraire.

Ces douze rencontres, une chaque mois, nous rappellent douzemission vécues et présentées aux diverses communautés par l’Apôtre.

Des rencontres qui nous appellent tant à la conversion qu’à une révélation intérieure, comme celle qu’a vécu Saint Paul sur le chemin de Damas.

Durant cette année paulinienne, puissions-nous faire aussi ces rencontres avec tous ceux qui sont l’Eglise du Christ.

 

« Ce n’est plus moi qui vis,
c’est le Christ qui vit en moi ».
                                                    (Gal 2, 20)


 

 

 

 


 


La Porte Paulinienne

Sous le Quadriportique de la Basilique sera ouverte une porte dédicacée à l’Apôtre des Gentils.

Tous les pèlerins entreront par cette porte pour rejoindre la Tombe de Saint Paul.

La décoration de la Porte rappellera quelques grands moments de la vie du 13ème Apôtre.

 

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La Flamme Paulinienne

Dans la tradition de l’Eglise, chaque pèlerin pourra s’associer au geste de la lumière près de Saint-Paul.

En offrant ce cierge, nous nous unissons à toutes les communautés où Paul est passé.

Ces mêmes candélabres seront dans les églises de l’Itinéraire paulinien.


Cette flamme de prière et de communion sera entretenue par les Moines de l’Abbaye bénédictine.

 

Introduction aux Lettres de Saint-Paul
Présentation de la Bible éditée par la CEI

S. Paolo

Les lettres pauliniennes naissent et se développent en général par le besoin de compléter la prédication orale qui Paul avait tenu dans les diverses communautés chrétiennes et comme le moyen pour résoudre des interrogations et éclairer des situations nouvelles qui se sont déterminées dans elles. Le style est immédiat. Dans notre Bible ils se présentent avec cet ordre : Romains ; 1 et 2 Corinthiens ; Galates ; Ephésiens ; Philippiens ; Colossiens ; 1 et 2 Thessaloniciens ; 1 et 2 Timothée ; Tite ; Philémon. Du point de vue historique, l’ordre est différent.

Dans le cours de son second voyage missionnaire, autour du 50 ap. J.C., Paul fonde l´Église de Thessalonique. Sa présence dans la ville est très brève, à cause de l’hostilité des juifs, malgré la formation des chrétiens qui reste incomplète.La 1 Thessaloniciens, écrite de Corinthe quelque temps après, rappelle l´expérience de cette évangélisation et veut éclaircir quelques points doctrinaux - en particulier ceux liés à la condition des morts à l´instant de la « parousie », c´est-à-dire de la venue du Christ glorieux - ou de comportement.

La 2 Thessaloniciens est plus difficile à dater et il arrive que l’on doute qu´elle puisse être attribuée à Paul. Cette lettre se propose de tranquilliser les chrétiens sur la venue glorieuse du Seigneur, considérée chez eux comme imminente (cf. 2 Thes 2), et à les pousser à vivre dans un esprit de travail. Contre la paresse de certains, Paul arrive à dire : « Qui ne veut pas travailler ne doit pas manger » (2 Thes 3, 10).

Les deux lettres aux Corinthiens sont écrites d´Ephèse dans les années 55-56 ap. J.C. à Corinthe. Paul y a vécu un an et demi et il y a fondé une communauté nombreuse et vivante, composée en prédominance d´ex-païens. Informé des problèmes qui agitent la communauté, Paul répond avec une première lettre en condamnant les factions levées parmi les chrétiens, liées aux divers prédicateurs (cf. 1 Cor 1, 10 - 4, 21) ; il corrige des vices, parmi lesquels un cas d´inceste (cf. 1 Cor 5), et les désordres, spécialement ceux des comportements de l´assemblée (cf. 1 Cor 7-14) ; il éclaircit des doutes sur la résurrection des corps (cf. 1 Cor 15).

Après l´envoi de la première lettre, éclate à Corinthe une crise en ce qui concerne la propre autorité de Paul. Dans la seconde lettre qui nous parvenue, qui semble résulter de la fusion de témoignages de temps divers, nous trouvons donc une défense de sa mission d´apôtre attaqué par les agitateurs judéo-chrétiens (cf. 2 Cor 10-13), la préparation de sa visite prochaine (cf. 2 Cor 1-7), des indications concernant l´organisation d´une collecte en faveur des communautés chrétiennes pauvres de la Palestine, comme marque de la communion parmi des Églises sœurs (cf. 2 Cor 8-9).

La lettre aux Philippiens est probablement envoyée d´Ephèse, toujours dans les années 55-56 ap. J.C., à l´occasion de la captivité de Paul dans cette ville. Les chrétiens de Philippe avaient envoyé à l´apôtre des aides matérielles et celui-ci les remercie et en profite pour les informer de sa situation et de son état d´esprit : « Pour moi, vivre c’est le Christ et mourir est un gain » (Ph 1, 21). Il les exhorte aussi à l´unité dans l´humilité, avec l´hymne à l’humiliation-glorification de Christ (cf. Ph 2, 5-11), et les met en garde contre les agitateurs judéo-chrétiens (cf. Ph 3, 1-4.2).

Dans cette même période Paul écrit la lettre aux Galates, qui peut se dater autour du 57 ap. J.C., envoyée d´Ephèse ou de la Macédoine. Il attaque les mêmes judéo-chrétiens qui ont bouleversé les communautés de Galatie, et Paul intervient à sa manière, avec passion et véhémence. Avec passion il défend son autorité d´apôtre en racontant sa vocation et mission (cf. Gal 1-2) ; avec véhémence il montre sa thèse de fond, qui est même « son » évangile : on est justifié seulement avec la force d’une adhésion inconditionnelle, c´est-à-dire de la foi en Christ, et non par la pratique des œuvres de la loi juive (cf. Gal 3-4). Le chrétien est appelé à la vraie liberté, avec lequel la foi est rendue active et opérante dans la charité (cf. Gal 5-6).

La plus longue parmi les lettres pauliniennes est celle aux Romains, qui est même la plus importante pour comprendre la pensée de Paul sur la justification du pécheur par l’œuvre de Dieu, au moyen de la rédemption de Christ et du don de l´Esprit. Il approfondit même les rapports et les différences entre hébraïsme et christianisme ; en même temps il en éclaircit chaque différence religieuse, raciale, sexuelle, etc. pour qu’elle soit dépassée dans la foi en Christ. La communauté de Rome n´a pas été fondée par Paul, toutefois il pense s’y rendre pour compléter sa mission d´apôtre des païens. Pour cela il la fait précéder de cet exposé systématique de sa doctrine sur la justification et sur la vie en Christ et dans l’Ésprit, qu’il a déjà eu occasion d´exposer en mode plus synthétique et polémique dans la lettre aux Galates. La lettre aux Romains semble envoyée de Corinthe, où Paul s’est rendu pour la collecte, vers 58 ap. J.C., puis de là il se rendra à Jérusalem, pour ensuite aller vers Rome.

De sa captivité romaine (61-63 ap. J.C.) Paul envoie un billet à Philémon, riche propriétaire qui s’est fait chrétien, auquel il renvoie son ancien esclave, Onésime, qu´il a converti en captivité. L´apôtre invite son maître à le traiter « comme un frère très cher » et « comme si c’était lui-même » (Phil 16-17). Toutefois, sans condamner directement l´esclavage, Paul en change l´âme : l´esclave n´est plus une chose, c’est un frère.

Les lettres qui suivent, plus qu´une œuvre paulinienne, dans les études plus récentes, sont considérées comme un témoignage de la fécondité de la tradition paulinienne : inspirées de la doctrine et de la pratique ecclésiale de l´apôtre, en prolongent l´enseignement dans les situations nouvelles, amenées à se développer dans l´institution ecclésiale, où apparaissent des déviations doctrinales et pratiques, jusqu’aux exigences de consolider le patrimoine de la foi reçue.

À Colosse la communauté est ébranlée par une doctrine d´origine juive et païenne. Contre ces théories qui exaltent le rôle de mystérieuses puissances célestes, la lettre aux Colossiens propose une réflexion approfondie sur la personne et sur le rôle de Christ, « chef » de l´Église et de l’Univers.

La lettre aux Ephésiens reprend et amplifie le contenu de la lettre aux Colossiens, en utilisant des thèmes présents dans les lettres dont nous sommes certains qu´elles ont été écrites par Paul. Vient alors une nouvelle synthèse de la pensée paulinienne, centrée sur le Christ et sur l´Église qui cherche à montrer l´engagement des chrétiens à l´intérieur de la communauté ecclésiale, de la famille et de la société.

Les 1 et 2 Timothée et Tite sont appelés des « lettres pastorales », puisqu´elles ont pour objectif le gouvernement de la communauté ecclésiale. Ces lettres réfléchissent une situation ecclésiale plus développée, qui les caractérise par conséquent avec encore plus d´évidence comme œuvre que la tradition paulinienne. Elles se préoccupent de donner des directives sur l´organisation des communautés locales et sur la lutte contre les faux maîtres qui bouleversent leur foi. De là, l´engagement « à garder » le dépôt de la foi, la saine doctrine, et à former de dignes ministres. L´envoi de ces lettres à Tite et à Timothée, disciples directs et précieux de Paul, entend donner un prestige à l´enseignement qu’ils proposent. Dans la 2 Tm 4, 6-8 est tracé, de façon personnalisée et émouvante, le « testament spirituel » de l´apôtre.

 

L'intégralité des lettres de Saint Paul

S. Paolo

Bible Resources
At least thirteen of the letters (epistles) in the New Testament were written by St. Paul. A fourteenth, the Letter to the Hebrews, is probable but not certain. These letters are addressed either to the Christians of various local communities or to individuals; the Canon of Scripture does not place them in chronological order. All of Paul’s letters reveal his tireless efforts to teach the Faith and build up the Christian community, especially in those places where he was the first to bring the Christian message.
Romans
First Corinthians
Second Corinthians
Galatians
Ephesians
Philippians
Colossians
First Thessalonians
Second Thessalonians
First Timothy
Second Timothy
Titus
Philemon


Hebrews

"Stand firm and hold fast to the traditions that you were taught by us, whether by word of mouth or by our letter (2 Th 2:15)."

 

IMAGES

Gallery
St Paul at his Writing-Desk, 1629-30, Oil on wood, 47 x 39 cm, Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg
Apostle Paul, 1635, Oil on canvas, 135 x 111 cm, Kunsthistorisches Museum, Vienna
The Conversion of St. Paul, 1600, Oil on cypress wood, 237 x 189 cm, Odescalchi Balbi Collection, Rome
The Conversion on the Way to Damascus. 1600, Oil on canvas, 230 x 175 cm, Cerasi Chapel, Santa Maria del Popolo, Rome
St. Paul, 1606, Oil on canvas, 97 x 77 cm, Museo del Greco, Toledo
St Paul, 1290s, Fresco, Upper Church, San Francesco, Assisi Giotto di Bondone
Philippian Jailer with Paul and Silas, 1900s religious illustration.
Valentin de Boulogne (ca 1594-1632) or Nicolas Tournier (1590-1638),  ................................................... Saint Paul Writing His Epistles (1620), oil. Blaffer Foundation Collection, Houston, TX.
St. Paul, Catacombs of Praetextatus, fresco, fourth century.
Catacomb picture of Peter and Paul with the Chi-Rho symbol between them. Gravestone for the boy Asellus. Marble catacomb inscription, Pio Cristiano: Vatican Museum
Saint Paul with his book (rotulus), Arian Baptistry, Ravenna.
Saint Paul, Archbishop Andrea's palace chapel, Ravenna.
Tondo with Saint Paul, Assisi, Upper Basilica.
St Paul Preaching in Athens, Raphael, 1513-1514.
St Paul and St Peter, El Greco, 1587-1592.
St. Paul, Georges de La Tour, 1615-1620.

 

 

Why St. Paul is such an important ecumenical figure

As Pope Benedict and leaders of other Christian Churches inaugurate the Pauline Year, Cardinal Walter Kasper explains why St Paul is such an important ecumenical figure ...